Des dizaines de personnes ont été tuées, dimanche 31 mai, dans une explosion qualifiée d’« accidentelle » par les rebelles contrôlant le territoire du nord de la Birmanie où elle s’est déclenchée. La déflagration a détruit de nombreuses maisons de la commune de Namhkam, dans l’Etat de Shan, a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) un secouriste ayant requis l’anonymat.
Selon ce membre des services de secours du district de Namhkam, la déflagration a tué 46 personnes, dont des enfants, et blessé 70. Un autre secouriste a fait état de 59 morts. Tous deux ont demandé à rester anonymes pour des raisons de sécurité.
« Il pourrait y avoir d’autres morts sous les maisons détruites », a averti le premier secouriste, précisant que les blessés avaient été transportés dans un hôpital local. Le second secouriste a précisé que les corps avaient été récupérés par les équipes d’urgence pour être incinérés.
Déclenchement « accidentel » d’explosifs stockés
La Birmanie est plongée dans la guerre civile depuis que l’armée a pris le pouvoir par un coup d’Etat, le 1er février 2021. La junte combat une série de guérillas qui luttent pour la démocratie et de puissants groupes armés de minorités ethniques. L’Armée nationale de libération des Ta’ang (TNLA) est l’un de ces groupes rebelles ethniques, et parmi les plus puissants du pays.
La TNLA a expliqué qu’un déclenchement « accidentel » d’explosifs stockés, destinés à être utilisés dans les mines et les carrières, s’était produit dimanche, vers midi (7 heures à Paris), dans la commune de Namhkam, dans l’Etat de Shan.
« De nombreux villageois ont perdu la vie, ont été blessés et ont vu leurs maisons endommagées » à cause de l’explosion, a déclaré dans un communiqué la guérilla qui contrôle ce territoire, sans toutefois préciser le nombre des victimes. La TNLA a, par ailleurs, souligné que les explosifs appartenaient à son département économique et qu’une enquête pour déterminer la cause du drame avait été ouverte.
Extraction de minéraux précieux
En Birmanie, de nombreux groupes rebelles dépendent de l’exploitation de minéraux précieux pour financer leurs opérations contre l’armée gouvernementale. Or, les accidents et les effondrements sont fréquents dans les mines, où les normes de sécurité sont quasiment inexistantes.
Au début 2024, trois groupes armés, dont la TNLA, avaient conclu avec les généraux au pouvoir des accords de cessez-le-feu négociés par la Chine. Mais, l’été de la même année, la TNLA avait lancé des attaques contre les troupes de la junte dans la région de Mandalay (Nord) et dans l’Etat voisin de Shan.
La guérilla avait alors pris la ville de Mogok, connue pour être l’épicentre de la lucrative extraction de rubis en Birmanie, avant d’accepter un retrait en octobre 2025, avec une nouvelle fois la médiation de Pékin. La Chine est un acteur-clé dans la guerre civile birmane, selon des analystes, soutenant à la fois les groupes d’opposition et la junte à une échelle variable en fonction de ses intérêts économiques et sécuritaires.