Voilà plus de trente-cinq jours que les routes d’accès à la capitale de la Bolivie sont bloquées par des organisations syndicales et sociales, comme la Centrale ouvrière bolivienne, la Fédération de travailleurs paysans Túpac Katari, ou encore les maîtres d’école des communautés rurales andines.

Ils exigent la démission du président, Rodrigo Paz (centre droit), qu’ils accusent de ne pas respecter ses promesses de campagnes et de gouverner pour les élites et les lobbys agro-industriels. Un virage que les populations amérindiennes ne sont pas prêtes à accepter, après avoir participé activement aux vingt ans de gouvernement du Mouvement vers le socialisme (MAS) d’Evo Morales.

Dans la presse locale, de plus en plus de voix craignent une guerre civile et voient dans le conflit en cours les signes d’un conflit ethnique ou racial larvé. “De nouveau, la Bolivie s’est divisée en deux”, constate ainsi El País América. Les barrages routiers organisés “par des paysans indigènes” ont fait émerger “un racisme virulent dans la capitale”, où les discours haineux et méprisants sont diffusés sans complexe.

“Rendez un service à la patrie, tuez un Indien”, voit-on écrit sur un mur de la capitale, relève l’édition américaine du célèbre journal espagnol.

Déconnexion émotionnelle et culturelle

Mais ce