Le gouvernement britannique a annoncé, jeudi 16 juillet, la nationalisation du sidérurgiste British Steel, auparavant propriété du groupe chinois Jingye, dont le gouvernement avait déjà pris le contrôle en avril 2025 pour éviter la fermeture de deux hauts fourneaux. « La décision prise aujourd’hui garantit l’avenir de la production d’acier au Royaume-Uni, protège des emplois qualifiés et préserve une capacité nationale vitale », a justifié le premier ministre démissionnaire, Keir Starmer, cité dans un communiqué.
Cette nationalisation était attendue après l’adoption par le Parlement d’une loi spéciale, qui a reçu mercredi l’assentiment royal, une formalité. Elle ramène British Steel dans le giron de l’État britannique après sa privatisation en 1988. Cette entreprise « fait partie du tissu de notre nation et constitue une pierre angulaire de la puissance industrielle de la Grande-Bretagne », a souligné M. Starmer, qui doit être remplacé lundi à Downing Street par Andy Burnham, ancien maire travailliste du Grand Manchester.
Le gouvernement ajoute qu’une « nouvelle équipe dirigeante a été nommée pour se concentrer sur la stabilisation de l’activité » et faire de British Steel une « entreprise commercialement viable et à faible empreinte carbone ».
Jingye exige une compensation pour les pertes liées aux investissements
Le groupe chinois Jingye, qui avait racheté British Steel en 2020, avait annoncé l’an dernier son intention de fermer les deux hauts fourneaux de Scunthorpe, dans le nord de l’Angleterre, derniers fours au charbon opérationnels dans le pays, faute de rentabilité, avec 2 700 emplois en jeu.
Après des négociations infructueuses avec l’entreprise, le gouvernement britannique avait fait voter au Parlement une législation d’urgence forçant British Steel à poursuivre son activité, sous peine de sanctions, un épisode qui avait provoqué des tensions avec la Chine. Jingye exige une compensation intégrale de la part du gouvernement britannique pour les pertes liées aux investissements effectués avant que Londres ne reprenne le contrôle de l’aciérie. Un expert indépendant devra évaluer si une indemnisation doit être versée, a fait part le gouvernement jeudi.
Londres a lancé en mars sa « stratégie pour l’acier », avec notamment des droits de douane à 50 % et une réduction des quotas d’importations, dans l’optique de protéger son industrie sidérurgique, jugée vitale pour ses infrastructures nationales et sa défense.