Le 12 mai 1846, un groupe de pionniers américains quittaient Independence, dans le Missouri, en direction de la Californie. George Donner, un fermier aisé originaire de l’Illinois et chef de l’expédition, tué par la gangrène à la suite d’une éraflure, ne devait jamais voir la terre promise. Pas plus que son frère Jacob : mort de faim et d’épuisement, celui-ci a fini dévoré par ses compagnons d’infortune, dont ses enfants, bloqués dans la Sierra Nevada par une succession de tempêtes de neige.
La Donner Party – l’« expédition Donner » – reste dans la mémoire américaine comme un jalon tragique de la conquête de l’Ouest. Un exemple archétypique de cannibalisme de survie. L’équivalent sauce western du crash dans les Andes du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571, en 1972, qui vit des rescapés recourir, selon l’expression de l’un d’eux, à une forme suprême de « communion intime » – quasi eucharistique – avec leurs compagnons décédés. Un épisode qui mêle horreur et héroïsme, entraide et sacrifice.
Il vous reste 87.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !