Dans la lutte contre la chaleur dans les villes, toutes les espèces d’arbres ne se valent pas : certaines augmentent indirectement la production d’ozone, gaz au puissant effet de réchauffement.
C’est ce qu’ont découvert Bin Yuan, de l’université Jinan de Canton, en Chine, et ses collègues en étudiant le lien entre activité humaine et émissions d’ozone à Pékin. “Ils ont été surpris de mettre en évidence que la végétation urbaine était une contributrice bien plus importante que ce que l’on pensait jusque-là”, rapporte Nature.
Et parmi les arbres dans le collimateur des chercheurs, dont les travaux viennent de paraître dans Science Advances, on trouve en tête les saules pleureurs et les peupliers.
Émetteurs d’isoprène
Les arbres émettent des composés organiques volatils – qu’on connaît davantage sous leur acronyme, COV –, qui, à la suite d’une chaîne de réactions chimiques et sous l’effet du rayonnement solaire, finissent par interagir avec les oxydes d’azote (NOx), issus du trafic routier et de l’industrie, pour former l’ozone.
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Grâce à des stations de suivi de la pollution atmosphérique, les chercheurs ont découvert que “bien que les émissions totales de COV provenant des activités humaines soient supérieures à celles provenant de la végétation [90 %, contre 10 %], leur contribution à la formation d’ozone est nettement inférieure à celle des plantes”, rapporte Nature.
De fait, la végétation contribue à 52 % des COV à l’origine de la formation d’ozone, notamment à cause de l’isoprène, un COV qui a un fort pouvoir de transformation en ozone. Or “environ 35 % des arbres de Pékin sont des émetteurs d’isoprène”, souligne la revue britannique. C’est le cas des peupliers et des saules pleureurs.
Mieux choisir
En étudiant d’autres villes dans le monde, les chercheurs ont remarqué que Pékin n’était pas si mal lotie, dans la mesure où plus de 60 % des arbres de Sydney ou de Melbourne sont émetteurs d’isoprène.
Pour Bin Yuan, interrogé par Nature, il ne s’agit pas de remettre en cause la stratégie de végétalisation des villes pour lutter contre les îlots de chaleur, car les arbres ont montré leur efficacité. En revanche, il faudrait bien choisir les essences que l’on souhaite planter. D’autant plus que, avec le réchauffement climatique, les arbres sont davantage stressés et… émettent encore plus de COV.
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