L’année 2025 a confirmé la tendance des grandes institutions financières à revenir sur leurs engagements climatiques. C’est ce que montre la nouvelle édition du rapport “Banking on Climate Chaos”, publié chaque année par une coalition d’ONG environnementales.

“Une analyse des activités des 65 plus grandes banques mondiales révèle une augmentation significative de leurs financements dans le secteur des énergies fossiles”, constate le quotidien espagnol El País, d’après les données rassemblées par ce rapport.

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Depuis l’accord de Paris sur le climat, adopté en 2015 et censé permettre de maintenir l’augmentation de la température moyenne de la planète bien en dessous de 2 °C, les banques ont injecté quelque 8 700 milliards de dollars (plus de 7 500 milliards d’euros) dans l’industrie des énergies fossiles pour financer l’extraction de charbon, de pétrole et de gaz.

L’année dernière, ces financements ont augmenté de près de 8 % par rapport à 2024, ce qui représente 64 milliards de dollars (55 milliards d’euros) supplémentaires consacrés à des investissements incompatibles avec la lutte contre le changement climatique.

JPMorgan Chase en tête des banques les plus “sales”

Le désengagement des grandes banques en la matière est “loin d’être un secret”, souligne El País, puisque 2025 a vu l’implosion de la Net Zero Emissions Banking Alliance, parrainée par l’ONU. “Les six plus grandes banques américaines – JPMorgan, Citigroup, Bank of America, Morgan Stanley, Wells Fargo et Goldman Sachs – se sont retirées de cette alliance, issue de la Conférence de Glasgow sur les changements climatiques [COP26], en 2021.” La tendance s’est trouvée accentuée par le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, “climatosceptique et grand défenseur de l’industrie des énergies fossiles aux niveaux national et international”.

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Les auteurs du rapport mettent l’accent sur les douze grandes banques les plus “sales”, qui sont à elles seules à l’origine de près de 40 % de ces fonds. En tête, JPMorgan Chase, “premier financeur mondial des énergies fossiles”, qui a injecté 58 milliards de dollars (50 milliards d’euros) dans le secteur en 2025 – soit une hausse de 13 % par rapport à 2024. Bank of America, les banques japonaises Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) et Mizuho Financial, suivies de l’américaine Citigroup complètent le top 5.

Sur les soixante-cinq grandes banques étudiées par le rapport, vingt-six ont réduit leurs financements liés aux énergies fossiles, parmi lesquelles plusieurs banques françaises, notamment BNP Paribas et le Crédit agricole. La Société générale est au contraire épinglée : elle a augmenté ses financements consacrés à la production pétrolière et gazière (+ 29 %) et reste “le premier soutien de TotalEnergies”. La banque a également doublé son financement des infrastructures de transport pétrogazier.