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Cinquante ans après les émeutes de Soweto, portraits d’une population sud-africaine toujours divisée

Le 16 juin 1976, une manifestation réunissant des milliers d’écoliers dans le township de Soweto était brutalement réprimée. L’événement a marqué un tournant dans la lutte contre l’apartheid. La photographe Thérèse Di Campo est allée à la rencontre de la nouvelle génération pour

Cinquante ans après les émeutes de Soweto, portraits d’une population sud-africaine toujours divisée
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Cinquante ans après les émeutes de Soweto, portraits d’une population sud-africaine toujours divisée

Par Thérèse Di Campo (photographe)
Publié aujourd’hui à 19h00

Temps de Lecture 3 min.

Soweto s’apprête à commémorer les cinquante ans d’un tournant décisif de la lutte contre l’apartheid. Le 16 juin 1976, alors que des milliers d’écoliers manifestaient pour protester contre l’introduction de l’afrikaans comme langue officielle d’enseignement dans les écoles locales, au même titre que l’anglais, la police tire sur la foule. L’Afrique du Sud plonge alors dans une violence inédite depuis l’instauration du régime ségrégationniste, en 1948.

Dans le township, cette mémoire se transmet au quotidien, ravivée par une réalité sociale persistante : dans des quartiers comme Kliptown, la pauvreté et le manque de perspectives continuent de nourrir un sentiment d’abandon. Face au constat des promesses non tenues de l’après-apartheid, une nouvelle génération tente de se faire entendre. A Soweto comme à Khayelitsha, elle grandit dans un pays marqué par un chômage endémique (32,4 % en 2025, selon la Banque mondiale), des inégalités profondes et une grave crise énergétique accentuée par la corruption.

Cette situation nourrit la contestation générale, si bien que, pour la première fois depuis la fin de l’apartheid, le Congrès national africain (ANC), le parti historique de Nelson Mandela, a perdu sa majorité absolue lors des législatives de 2024. Parallèlement, les discours se fragmentent au sein de la communauté afrikaner. Des franges radicales reprennent l’idée d’un « génocide blanc », appuyées depuis 2025 par les annonces successives du président américain Donald Trump sur le possible accueil d’Afrikaners sous le statut de réfugiés aux Etats-Unis, arguant qu’ils sont exposés à la discrimination et à la persécution dans leur pays.

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