Un plongeon en saut de l’ange du défenseur Moussa Niakhaté, qui semble rugir un “non”, une tête du milieu belge Youri Tielemans, tandis que le portier des Lions bondit dans les airs, mains levées. Cette photo de une du quotidien sénégalais Walf est barrée de la mention “Belgique-Sénégal (3-2, AP). Cruelle désillusion !” Deux termes qui reviennent ce 2 juillet dans la presse nationale.
“Cruelle”, car la défaite des Lions du Sénégal était à peine envisagée jusqu’à la 87e minute de ce match fou qui a opposé le 1er juillet les champions d’Afrique en titre à la Belgique en seizièmes de finale de la Coupe du monde. “Désillusion”, car le rêve “s’est brutalement arrêté”, écrit Walf, alors que les Lions ont été “longtemps dominateurs et en route vers une qualification historique”, livrant “une prestation de très haut niveau durant une grande partie de la rencontre”.
Perte de contrôle de dernière minute
“Solides défensivement et entreprenants offensivement, les Lions maîtrisent les débats face à une Belgique peu inspirée”, poursuit ce média. Comme l’ont illustré le premier but, marqué par Habib Diarra à la vingt-quatrième minute, et le deuxième, marqué par Ismaïla Sarr, sept minutes après la reprise.
C’est une “Belgique héroïque” qui bouleverse la donne, “au terme d’un scénario aussi cruel qu’incroyable”. Alors que le sélectionneur des Diables multiplie les changements de joueurs sur le terrain, le buteur Romelu Lukaku réduit l’écart à la quatre-vingt-sixième, Youri Tielemans égalise à la quatre-vingt-neuvième, “profitant d’un relâchement de la défense sénégalaise”, selon Walf.
Deux buts en trois minutes, en fin de match. Le coup de grâce est asséné dans le temps additionnel des prolongations, après une faute de Lamine Camara et un pénalty accordé à la Belgique. Youri Tielemans “transforme la sanction” et “offre une qualification inespérée à son équipe”, selon Seneplus, qui titre : “Effondrement”. Le titre décrit un “renversement spectaculaire” face à une “incapacité [des Lions] à gérer les dernières minutes d’une rencontre qu’ils semblaient pourtant contrôler”.
“Les Lions se sabordent”, abonde à sa une le quotidien L’As, dépité, tandis que Le Quotidien se montre plus acerbe : “La mauvaise blague belge”.
Le coach Pape Thiaw sur la sellette ?
“Incroyable ! Inconcevable ! Insoutenable !” s’exclame, navré, Sud Quotidien, à propos de ce revers “qui laisse sans voix”. À l’image de nombreux autres titres sénégalais, il pointe du doigt les choix du sélectionneur Pape Thiaw.
“Comment le coach a offert la qualification à la Belgique”, persifle à sa une le quotidien Yoor-Yoor. Évoquant un “naufrage tactique”, il impute clairement à Pape Thiaw la responsabilité du pénalty, ce “coup de poignard” qui a scellé le sort des Lions. Le Soleil enfonce le clou : “Coachmardesque !” barre la une du quotidien gouvernemental, illustrée d’une image des joueurs consternés. Enquête ouvre plus franchement le débat à sa une : “Faut-il virer Pape Thiaw ?”
La défaite, amère, risque de faire des vagues. Et restera, convergent encore de nombreux titres, dont Walf, “comme l’une des plus cruelles éliminations de [l’] histoire récente [du Sénégal] en Coupe du monde”.
Les Lions veulent croquer la France
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