Quelque 6 000 personnes se sont réunies à Fleurance (Gers), dimanche 7 juin, pour une marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, retrouvée morte trois jours plus tôt. La dernière fois qu’elle avait été aperçue, le 29 mai, elle montait dans la voiture du père d’une de ses amies. Principal suspect de l’enquête, cet homme, Jérôme Barella, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration le 1er juin. Entre-temps, il est apparu qu’il avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes pour des faits à caractère sexuel, sans jamais être placé en garde à vue. Ce qui a suscité de vives réactions, tant dans la société qu’au niveau politique.
La journaliste belge Jolien De Bouw, qui a couvert ces événements pour le quotidien De Standaard, livre son analyse pour Courrier international.
Courrier international : Dans l’article que vous consacrez à l’affaire Lyhanna, vous relevez que les réactions en France rappellent ce qu’on a observé en Belgique au moment de l’affaire Dutroux, au milieu des années 1990. À quel égard ?
Jolien De Bouw : La ressemblance, c’est vraiment le sentiment que les institutions ont échoué à protéger des enfants. En Belgique, l’indignation venait du fait que Marc Dutroux était déjà connu de la justice pour des faits sexuels graves, avant les enlèvements, [les viols]
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