Depuis le navire d’expédition polaire Shirase, on aperçoit çà et là des icebergs d’un blanc bleuté qui brillent sur la mer bleu sombre. Les plus grands mesurent plusieurs kilomètres de large, avec une épaisseur globalement identique. C’est l’une des caractéristiques des icebergs ; à la différence des glaces de mer, qui se forment à partir d’eau de mer, ces masses se sont détachées des plateformes de glace flottantes bordant le continent.
La glace de l’Antarctique – qui représenterait 90 % de la glace de la planète – est l’un des éléments clés qui permettent de prédire les effets futurs du changement climatique. Sa fonte totale provoquerait une montée du niveau des mers d’environ 60 mètres. Le centre-ville de Tokyo se retrouverait alors pratiquement au fond de l’océan. De même, Osaka et Nagoya seraient quasiment englouties.
Cependant, on ne sait pas encore très bien comment l’Antarctique réagit au changement climatique. L’étude de l’Antarctique oriental, qui comprend d’énormes quantités de glace, accuse un retard par rapport à celle de l’Antarctique occidental. Le glacier Totten, l’objet de l’expédition du Shirase, se trouve précisément dans cette région. S’il fondait entièrement, on estime que le niveau des mers augmenterait de quatre mètres environ. Depuis la 66ᵉ expédition ant
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