L’humain n’est pas un animal tout à fait comme les autres, c’est entendu. Mais du côté des sens grâce auxquels nous percevons le monde, rien ne nous fait sortir du lot. L’ouïe des chats, la vue des faucons, l’odorat des éléphants et des rats, le goût des silures et des souris ou encore le toucher des taupes et des loutres nous feraient presque passer pour des créatures insensibles. Encore restons-nous ici dans le conventionnel. Que dire des geckos qui, grâce à leur oreille interne, détectent partenaires et prédateurs par les vibrations qu’ils produisent dans le sol ? Des araignées, qui perçoivent le monde par l’intermédiaire de leur toile ? Ou, bien sûr, des dauphins et des chauves-souris, maîtres de l’écholocalisation ?
A ce petit jeu du sixième sens le plus extraordinaire, le poisson-éléphant s’est taillé depuis soixante-dix ans une place à part. Rien à voir avec son nom, qui lui vient de cette excroissance façon trompe – on parle de barbillon – qu’il possède à l’avant de la tête et grâce à laquelle il fouille les sols vaseux. Sa vraie particularité, qu’il partage avec sa famille, les mormyridés (203 espèces), tient à sa capacité à appréhender le monde grâce au champ électrique qu’il produit et aux perturbations de ce champ créées par les obstacles autour de lui.
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