Plus de quarante ans après la découverte du virus du sida, une étude vient profondément changer notre compréhension de son mécanisme d’infection. Le VIH ne se contente pas d’entrer dans la cellule qu’il cible – le lymphocyte T CD4 – en se servant du récepteur membranaire CD4 comme simple point d’ancrage. Le virus reprogramme cette cellule immunitaire afin de faciliter son entrée dans le noyau pour y installer son matériel génétique et établir une infection durable.
Dans les tissus lymphoïdes – ganglions lymphatiques, rate, muqueuses –, les lymphocytes infectés et non infectés coexistent, entassés les uns contre les autres. Le VIH exploite ce riche environnement cellulaire en se propageant d’une cellule à l’autre via des structures appelées « synapses virologiques », zones de contact où l’enveloppe du virus jouxte celle de la cellule cible.
Dans cette nouvelle étude, publiée dans Nature le 6 mai, les chercheurs montrent que le simple contact entre une cellule infectée et une cellule cible déclenche une cascade de signaux qui modifient le fonctionnement des pores nucléaires, ces ouvertures de l’enveloppe du noyau qui filtrent ce qui y entre ou en sort.
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