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Comment les “torses progressistes” ont rendu la campagne de Lula sexy

Sous le hashtag #GostososcomLula (“les beaux gosses avec Lula”), de jeunes Brésiliens ont publié leurs plus beaux autoportraits, à moitié nus et drapeau du parti à la main. Lula n’a pas gagné exclusivement grâce à ces “torses progressistes”. Mais ils ont largement contribué à mus

Comment les “torses progressistes” ont rendu la campagne de Lula sexy
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Brésil. Comment les “torses progressistes” ont rendu la campagne de Lula sexy

Tout a commencé par un bel éphèbe, photographié torse nu sur l’avenue Paulista à São Paulo, le drapeau de Lula en main.

Puis il y a eu, sur la plage de Copacabana, à Rio, le corps à moitié dévêtu d’un autre homme, arborant le même drapeau. Les clichés ont fait le tour d’Instagram, et du monde.

Et c’est ainsi qu’est né le hashtag #GostososcomLula – “les beaux gosses (bg) avec Lula” – sous lequel de jeunes “apollons” aux silhouettes sculptées par la muscu, la créatine et (quand même) la génétique ont publié des autoportraits très sexy pour soutenir le candidat de gauche, décrit Icon, le magazine masculin du quotidien espagnol El País.

“Le mouvement‘Gostosos con Lula’a mêlé sexe et politiqueen montrant des jeunesfort peu vêtus aux corpstaillés par la muscu,qui soutenaient le candidatdans la rue commesur les réseaux sociaux.”

Icon, le magazine masculin du quotidien espagnol El País

Israel Augusto Gomes dos Santos, 24 ans, s’est fait connaître dès le 11 octobre après avoir défilé torse nu à São Paulo rapporte le quotidien brésilien O Globo.

Sur son compte Instagram, il partage des séquences de musculation et des messages politiques, relève le journal carioca. Des punchlines du genre “être jeune et ne pas être révolutionnaire, c’est une contradiction génétique”.

Aux curieux qui lui demandent s’il est en couple, il répond avec humour : “Oui je suis marié. À la démocratie.”

La stratégie a payé.

Pour le politologue Marcos Dosantos, cité par Icon, si Lula n’a pas gagné grâce aux gostos, ces “torses progressistes” ont participé à muscler la campagne du président brésilien.

Car cela fait longtemps que l’alliage costume-cravate ne séduit plus grand monde.

“Ces hommes séduisants quibrandissent le drapeau rougerenforcent le capital électoraldu candidat qui a sortides millions de Brésiliensde la pauvreté, et qui estle seul dirigeant capablede mettre un freinà la dynastie des Bolsonaro.”

Le politologue Marcos Dosantos cité par le magazine espagnol Icon

Comment passe-t-on du torse progressiste au vote progressiste ? Eh bien, à travers la “guerre des émotions”, avance Marcos Dosantos.

“On le sait déjà, les algorithmes favorisent la haine, la colère et la désinformation. Tout ce qui fait le terreau de l’extrême droite. Mais le Brésil prouve que la gauche peut reconquérir l’attention des électeurs indécis grâce à d’autres leviers comme la beauté, la tendresse et l’enthousiasme”, affirme le politologue.

“De la même façon quel’amour peut apaiser la haine,le désir peut susciterdavantage d’engagementsque les fake news.Une image vaut mille mots,et un bon réel peut convaincreplus d’électeurs que biendes discours.”

Le politologue Marcos Dosantos cité par le magazine espagnol Icon

La morale de l’histoire, c’est que, dans un monde en proie à la montée du fascisme, les flammes de la joie, de la beauté, du désir et de l’enthousiasme brûleront toujours un peu plus fort que les autres.

Éloïse Duval et Hugo Florent
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