Comment distinguer l’anxiété de la peur ? Cette question revient régulièrement lorsque l’on interroge Anna Beyeler, cheffe de l’équipe Circuits neuronaux de l’anxiété au Neurocentre Magendie (Inserm, université de Bordeaux). « La peur est une réponse physiologique et comportementale à un danger immédiat, a-t-elle expliqué lors de la présentation de ses travaux le 12 juin. Face à une forêt en feu, la réaction adaptée consiste à s’éloigner. L’anxiété, en revanche, est une réponse physiologique et comportementale à un danger potentiel, c’est-à-dire à l’anticipation d’un danger. On peut prendre l’exemple d’une forêt située dans un environnement très sec et susceptible de prendre feu. Dans ce cas également, l’évitement constitue une réponse adaptée. »
Si la peur et l’anxiété sont des mécanismes fondamentaux pour la survie, elles peuvent devenir pathologiques lorsqu’elles persistent en l’absence de danger réel ou potentiel. Les troubles anxieux sont particulièrement fréquents : ils regroupent neuf catégories différentes et concernent chaque année environ 17 % des adultes. Plus de 21 % de la population sera confrontée au cours de sa vie à un trouble anxieux.
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