A Ceuta, « la violence n’est pas la solution », a déclaré, vendredi 28 août, le ministre espagnol de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, après plusieurs incidents survenus la veille dans l’enclave espagnole. « J’appelle au calme et à la cessation de toute forme de violence, car (…) la violence n’est pas la solution pour résoudre un problème aussi complexe » que celui auquel est confronté le petit territoire espagnol (18,5 km2) du nord de l’Afrique, a déclaré M. Grande-Marlaska devant le Congrès à Madrid.
Il y a un mois des dizaines de milliers de migrants ont fait irruption à Ceuta via le Maroc. Bien que la plupart soient repartis, une partie d’entre eux – 5 000, selon le gouvernement espagnol ; 10 000, selon les autorités de l’enclave – demeure dans ce territoire qui compte quelque 80 000 habitants, errant dans les rues et dormant dans des camps improvisés.
Les manifestations des habitants de Ceuta, qui demandent le départ des migrants et dénoncent des problèmes de sécurité, ont pris de l’ampleur et ont dégénéré ces derniers jours. Jeudi, des heurts ont eu lieu sur une plage où se trouve un campement. Les effets personnels des occupants du campement ont été incendiés.
Droit à l’asile ou renvoi
Le même jour un soldat a été blessé lorsqu’un véhicule militaire a été attaqué à coups de pierres par environ 70 migrants, dont 12 Marocains, qui ont été arrêtés. Durant ces heurts, deux autres migrants marocains ont été interpellés après avoir agressé un agent de la garde civile, a confirmé, vendredi, une source proche de l’enquête à l’Agence France-Presse (AFP).
Devant les députés, Fernando Grande-Marlaska a fustigé l’extrême droite et la droite, les accusant « de chercher à tirer profit politiquement de la situation ou, pire encore, d’inciter à la haine et à la confrontation entre personnes dans les rues de Ceuta ».
Au Congrès, le député de Ceuta du Parti populaire (droite) Javier Celaya, a lui aussi « appelé au calme », tout en disant comprendre la « colère » et « l’indignation plus que justifiée du peuple de Ceuta face à la passivité du gouvernement ».
La droite et l’extrême droite exigent le renvoi de tous les migrants encore présents dans l’enclave, mais le gouvernement a déjà averti qu’il devait les identifier un par un pour déterminer s’ils ont droit à l’asile ou peuvent être renvoyés ; un processus long.
Le ministre de l’intérieur, qui a reconnu que l’entrée massive de migrants à Ceuta il y a un mois était « l’un des plus grands défis récents » de l’Espagne en matière migratoire, a admis que la situation restait toujours une « urgence ».