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Crise des opioïdes aux Etats-Unis : les « mawmaws », ces grand-mères en première ligne pour s’occuper de leurs petits-enfants
Par Allison Ferrera (service photo) et Anthony Wilson (Photographe)Reportage photoAlors que la crise des opioïdes a fait plus de 1 million de morts aux Etats-Unis depuis 2000, le photographe Anthony Wilson a passé cinq années auprès des « mawmaws » de Virginie-Occidentale, qui ont repris le flambeau parental pour pallier les défaillances de leurs enfants toxicomanes.
Dans les Appalaches des années 1990, un médecin signe une ordonnance. Un antidouleur, rien de plus. La prescription des opioïdes, jusqu’alors réservés au traitement des cancers, vient d’être élargie à tous les types de douleurs chroniques, ouvrant grand la porte aux stratégies commerciales des firmes productrices d’oxycodone. Cette ordonnance, multipliée des millions de fois, va déclencher l’une des plus grandes catastrophes sanitaires de l’histoire des Etats-Unis.
Entre 2006 et 2014, la Virginie-Occidentale, l’un des Etats les plus pauvres du pays, a été inondée de 1,1 milliard de pilules d’oxycodone, soit 611 comprimés par personne – hommes, femmes et enfants. Puis est venu le fentanyl. En 2022, cet opioïde de synthèse est devenu la première cause de mortalité pour les Américains âgés de 18 à 44 ans, avec 76 000 morts pour 111 000 overdoses recensées. Mais les chiffres de la mortalité ne disent rien des enfants que la crise a laissés derrière elle, orphelins ou abandonnés par des pères et des mères engloutis par l’addiction ou l’incarcération. Une génération entière élevée dans l’ombre de la dépendance.
C’est dans ce contexte que le photographe américain Anthony Wilson a choisi de se rendre en Virginie-Occidentale. Il n’avait pas l’intention de documenter l’effondrement, mais de porter son regard sur celles qui réparent : les grand-mères, que l’on appelle affectueusement « mawmaws » dans toutes les Appalaches. Ici, elles ont repris le flambeau parental pour éviter que leurs petits-enfants n’intègrent des foyers d’accueil.
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