« Il ne faut pas vendre la peau de l’ours… », prévient l’archéologue Matthieu Poux. Mais il en est quasiment convaincu : les fouilles qu’il a dirigées cet été à Corent (Puy-de-Dôme) ont permis de découvrir le plus grand atelier monétaire connu « non seulement dans l’Europe celtique, mais dans tout le monde antique ». Un établissement qui, dans la période précédant la guerre des Gaules (58 à 51 avant J.-C.), ne se serait pas contenté de battre des pièces de bronze locales. Mais qui aurait aussi frappé des statères arvernes – du nom du peuple gaulois occupant la région –, en argent et en or, abondamment diffusés en Gaule.
Mardi 15 septembre, à la veille de recouvrir le site pour le protéger des pilleurs jusqu’à la prochaine campagne, il arpente les lieux, presque déserts après le passage d’une centaine d’étudiants et de volontaires qui y ont affronté canicules et pluies diluviennes durant cet été si particulier. Pour le profane, ces 500 mètres carrés s’apparentent de prime abord à un champ de cailloux mal dégrossi. Mais les indications de ce spécialiste du monde gallo-romain (université Louis-Lumière Lyon-II) font renaître des structures dont seules subsistent des traces au ras du sol : un mur épais d’un à deux mètres, long d’au moins 40 mètres, percé d’un passage étroit et longé par un alignement de petites cellules dotées de foyers ou de fours, et alimentées en eau.
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