Imaginez une flotte de satellites venus défendre la Terre. Juste avant qu’une tempête solaire ne frappe notre planète et ne perturbe réseaux électriques et matériels technologiques, ils libèrent des tonnes de gaz dans l’espace. Ce gaz se transforme en plasma qui dérive jusqu’à la limite du champ magnétique terrestre pour l’aider à renforcer sa fonction naturelle de bouclier, et ainsi atténuer les effets de la tempête.

Cette flotte de satellites ne sort pas d’un roman de science-fiction, mais de l’imagination de trois chercheurs se creusant la tête pour améliorer la défense des infrastructures au sol lors de tempêtes solaires, et éviter des coupures d’électricité prolongées comme celle qui s’est produite en Suède en 2003. C’est “une proposition provocatrice baptisée ‘StormWall’ ou ‘brise-tempête’”, résume la revue américaine Science.

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Les chercheurs l’ont décrite dans une étude parue le 2 juin dans la revue Space Weather. “Des simulations informatiques montrent que cette méthode pourrait largement diviser par deux la force d’une tempête solaire de grande ampleur, permettant ainsi de sauver des vies et des technologies”, écrivent les auteurs.

Effet temporaire

Cette façon d’intervenir délibérément dans l’espace proche pourrait faire penser aux projets controversés de géo-ingénierie pour lutter contre le réchauffement de la planète. Mais Brian Walsh, l’astrophysicien à l’université de Boston qui a piloté ces travaux, assure qu’il n’en est rien. Les gaz protecteurs lâchés par les satellites se dissiperaient en quelques heures, d’après les calculs. Également interrogé par Science, Daniel Welling, astrophysicien à l’université du Michigan et coauteur, décrit :

“Il faut s’imaginer une sorte d’airbag pour la magnétosphère.”

Gurudas Ganguli, astrophysicien au Naval Research Laboratory (NRL) aux États-Unis, qui n’a pas participé à l’étude, juge cette idée tout à fait “louable”. Quant à Allison Jaynes, astrophysicienne à l’université de l’Iowa, qui n’a pas non plus contribué à l’étude, elle estime que “[cette proposition] est extrêmement innovante et semble tout à fait réalisable à court terme”.

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D’après les auteurs, leur approche constitue une solution pratique de défense contre les risques liés aux tempêtes solaires – qui sont également à l’origine des aurores boréales –, dans la mesure où elle utilise des technologies et des matériaux existants. Si elle était mise en œuvre, elle viendrait en complément des prévisions météorologiques spatiales, qui sont actuellement le seul outil disponible pour anticiper ce genre d’événement, sans pour autant pouvoir les éviter.

Néanmoins, souligne Science, “les défis techniques pourraient être plus faciles à surmonter que les difficultés politiques”.