Une équipe internationale de planétologues a avancé des preuves convaincantes de la détection de molécules organiques complexes à la surface de Mars, à un âge où l’eau coulait sur la Planète rouge, il y a au moins 3,5 milliards d’années. L’étude, parue le 24 juin dans la revue Science Advances, détaille les mesures de quatre échantillons de roches faites à bord du rover Perseverance par le spectromètre Sherloc, un instrument qui permet de pratiquer ce qu’on appelle la « spectroscopie Raman ». « On excite la roche avec une lumière d’une certaine longueur d’onde et on regarde ce qui en ressort, le détecteur recevant une information qui va être différente selon la composition de la roche », explique Caroline Freissinet, chercheuse CNRS au Latmos (Laboratoire Atmosphères, observations spatiales), qui n’a pas pris part à ce travail.
Les quatre échantillons examinés proviennent d’une ancienne rivière ayant alimenté le lac qui occupait le cratère de Jezero, un bassin d’impact de taille moyenne situé dans l’hémisphère Nord. Les spectres obtenus par Perseverance suggèrent que ces roches renferment des macromolécules carbonées, autrement dit des grosses molécules organiques. « Des détections robustes de matière organique à la surface de Mars, on n’en a pas beaucoup, observe Olivier Beyssac, directeur de recherche CNRS à Sorbonne Université, qui a cosigné la publication. Le signal qu’on a eu est plus intense et beaucoup plus clair que ceux qu’on avait précédemment dans le delta ou ailleurs au fond du cratère. »
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