La formule de Clausius-Clapeyron, qui remonte au milieu du XIXe siècle, indique que, pour chaque degré supplémentaire de sa température, l’atmosphère voit son humidité augmenter de 7 %. Comment cela se traduit-il en matière de chutes de pluie, au fil du réchauffement du climat mondial ? La ressource en eau disponible pourrait être affectée par la survenue de précipitations plus sévères, mais plus espacées dans le temps, selon une étude conduite par deux chercheurs de Dartmouth College (Hanover, New Hampshire) et publiée le 13 mai dans Nature.
Entre 1980 et 2022, certaines régions ayant subi une concentration de fortes précipitations sur un nombre de jours plus réduit (en bleu) ont connu dans l’intervalle des périodes plus fortes d’assèchement : les sols subitement gorgés d’eau ne pouvaient la stocker en profondeur, et elle s’évaporait, offrant un bilan hydrique moins favorable que les zones arrosées de façon moins ponctuelle (couleur orangée).
« Inégalement réparties »
Sur les quatre décennies considérées, l’ouest des Etats-Unis et l’Amazonie étaient particulièrement touchés par ce mécanisme. En Arctique, en Europe du Nord et au Canada, à l’inverse, les précipitations et les chutes de neige étaient mieux réparties tout au long de l’année. Les modélisations suggèrent que l’ensemble du globe pourrait connaître au fil du réchauffement de la planète ce phénomène de concentration des précipitations. Corey Lesk et Justin Mankin estiment qu’un réchauffement global de 2 °C pourrait entraîner une sécheresse anormale des sols pour 27 % de la population mondiale, annulant l’effet de l’augmentation des précipitations totales.
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