Le président français, Emmanuel Macron, et le sultan d’Oman, Haïtham Ben Tareq, ont plaidé, lundi 29 juin, pour une « navigation libre, sans conditions ni restrictions » dans le détroit d’Ormuz et convenu d’y mener des « opérations de déminage conjointes », selon une déclaration franco-omanaise publiée à l’issue de leurs entretiens à Paris.
« Les deux chefs d’Etat ont souligné l’importance de la réouverture du détroit d’Ormuz et ont réaffirmé leur attachement à une navigation libre, sans conditions ni restrictions, notamment le droit de passage en transit conformément au droit de la mer », souligne la déclaration, qui exclue donc tout péage.
Ils sont « convenus de collaborer avec toutes les parties prenantes afin d’œuvrer en faveur de la liberté de navigation à l’avenir et de conduire des opérations de déminage conjointes », est-il ajouté. Ils se sont aussi « engagés à renforcer leur coopération en matière de renseignement et de surveillance maritimes ainsi que de préservation des routes commerciales ».
La diplomatie iranienne a, quant à elle, sommé la France de « ne pas compliquer davantage » la situation dans le détroit d’Ormuz en proposant de participer à des opérations de déminage. « Le déminage est effectué par l’Iran et aucun autre pays », a affirmé sur le réseau social X le vice-ministre des affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, disant s’appuyer sur le protocole d’accord conclu par Téhéran et Washington pour une fin du conflit au Moyen-Orient.
Non aux « frais de passage »
Malgré l’accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur. L’Iran réfléchit à l’imposition de « droits de redevance » dans le détroit, qui n’existaient pas avant la guerre, tandis que les Etats-Unis, tout comme les Européens, s’y opposent, arguant qu’il s’agit d’une « voie navigable internationale ».
Le sultanat d’Oman, qui borde le détroit tout comme l’Iran, a pour sa part finalement écarté des « frais de passage », après avoir évoqué des coûts pour la future gestion de l’étroite voie maritime dans un communiqué commun avec l’Iran.
Ce passage large d’une trentaine de kilomètres entre l’Iran et Oman est stratégique : 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures y transitait avant la guerre. Son blocage, durant le conflit, a eu un lourd impact sur toute l’économie mondiale.
La France et le Royaume-Uni ont rassemblé une coalition de pays non belligérants prêts à mener une mission maritime de sécurisation et de déminage d’Ormuz maintenant que les armes se sont globalement tues. Le président français a toutefois affirmé qu’il s’agissait d’une « proposition » qui dépendait « des accords passés entre l’Iran, les Etats-Unis d’Amérique, avec l’accord aussi d’Oman ». Le président américain, Donald Trump, n’a manifesté qu’un intérêt relatif en public pour cette mission, à l’exception des capacités de déminage dont disposent les Européens.