Deux mois après le double séisme du 24 juin qui a dévasté le Venezuela et fait au moins 6 500 morts, de nombreuses familles vivent toujours sous des tentes de fortune à Caracas. Dans ces campements improvisés qui ont transformé le paysage de la capitale, elles attendent de pouvoir regagner leur domicile ou qu’on leur en propose un autre.

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C’est le cas de Belkis Arias, membre de l’une des cinquante familles qui ont trouvé refuge près du Panthéon national. Au micro d’Efecto Cocuyo, il raconte le calvaire vécu le week-end du 22 et 23 août, lorsque de fortes pluies ont inondé son abri.

“Le jour où le déluge s’est abattu ici, les bâches se sont déchirées, les vêtements, la nourriture, les trousses personnelles, tout a été trempé. Nous nous sommes couchés à trois heures et demie du matin, couverts de boue, sans bâches, sans rien.”

Depuis, aucune autorité ne s’est présentée, et lui et ses voisins vivent de dons en attendant des nouvelles de la reconstruction, attendues pour la fin de l’année.

Le manque d’hygiène et d’intimité, un “quotidien asphyxiant”

Non loin de là, dans la ville côtière de La Guaira, la région la plus touchée, les habitants qui se sont retrouvés sans abri s’entassent non pas sous des tentes, mais dans des refuges. Yuraima – dont le journal El Pitazo tait le nom de famille pour éviter toutes représailles – a vécu dans la rue pendant quinze jours, devant les décombres de son immeuble, avant de se décider à rejoindre l’un des 87 campements improvisés par le gouvernement, accusé de manquer de réactivité et de moyens face aux conséquences du tremblement de terre.

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Habituée à vivre dans un appartement relativement confortable malgré la décennie de crise économique traversée par le pays, Yuraima a dû se résoudre à cohabiter, avec ses filles de 7 et 10 ans et sa mère, avec 400 personnes dans un espace où l’eau n’est disponible qu’une fois par jour, à 5 h 30, pour alimenter les deux toilettes. Une véritable “terreur”, dit-elle.

Bien qu’elles reçoivent chaque jour de la nourriture et un suivi médical, les familles se plaignent des risques d’infection liés au manque d’hygiène – se doucher et laver leurs vêtements sont des tâches presque impossibles – ainsi que du manque d’intimité. Les mères, obligées d’apprendre à leurs enfants à faire leurs besoins dans des sacs faute d’eau, ne les laissent jamais seuls. C’est un “quotidien asphyxiant”.

“Le Venezuela est à bout”

Telesur dresse le bilan des efforts fournis par le gouvernement de Delcy Rodríguez pour faire face aux conséquences du double séisme. Selon les derniers chiffres, communiqués lundi 24 août, le drame aurait provoqué au moins 6 509 morts et un nombre toujours indéterminé de personnes disparues. Sur les plus de 60 000 logements touchés par le séisme et inspectés jusque-là, seuls 35 000 sont encore habitables. Et 335 nouvelles constructions ont été livrées aux personnes privées d’abri par la catastrophe.

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“Ce qui reste, ce n’est pas seulement un paysage en ruine, mais aussi le portrait d’un État dont la capacité à faire face à l’ampleur de la catastrophe est limitée”, affirme Efecto Cocuyo dans un autre article, estimant que la reconstruction pourrait coûter entre 20 et 50 milliards de dollars. Une facture colossale pour un pays exsangue, où la mise sous tutelle américaine, après l’arrestation de Nicolás Maduro en janvier, n’a pas eu l’effet escompté. Alors que les coupures de courant se multiplient et que l’inflation ne redescend pas, selon La Patilla, “le Venezuela est à bout”, écrit El Nacional, qui décrit un pays au bord de l’asphyxie.