Les disparitions forcées, l’un des dossiers les plus sensibles pour le gouvernement mexicain, ont été au cœur des discussions, mardi 20 octobre, à l’Assemblée générale des Nations unies. Le Comité des Nations unies contre les disparitions forcées (CED) y a présenté un rapport sur la crise qui frappe le Mexique, où près de 130 000 personnes sont portées disparues.
Au cours de cette troisième commission du CED, le sous-secrétaire aux droits humains au sein du gouvernement mexicain, Arturo Medina Padilla (parti Morena, gauche), a reconnu l’implication des autorités municipales dans certains cas de disparition, un aveu notable alors que l’exécutif a jusqu’ici minimisé publiquement cette réalité, rapporte El País Mexico. Cité par le quotidien, il a déclaré : “Autrefois, les disparitions forcées étaient ordonnées par les plus hautes sphères du pouvoir politique. Aujourd’hui, ces crimes sont principalement commis par des groupes criminels, et, dans certains cas, malheureusement, par les autorités municipales.”
Un revirement des autorités mexicaines ?
Comme le rappelle le journal hispanophone, cette déclaration, plutôt “inhabituelle” de la part d’un membre de l’administration de la présidente Claudia Sheinbaum, semble marquer un tournant après plusieurs mois d’“offensive” du gouvernement contre le CED. Rapport après rapport, le gouvernement mexicain a régulièrement accusé le comité de chercher à le faire “dérailler”, explique le quotidien.
En parallèle, et comme souligne Sin Embargo, le CED a tenu à saluer le Mexique pour les efforts déployés dans la recherche et la localisation des personnes disparues, après que les autorités fédérales ont annoncé la localisation de 16 000 victimes au cours de l’année 2026. L’institution a également appelé à davantage de coordination avec les organisations internationales afin de poursuivre les avancées en la matière.
Toutefois, en dépit de la reconnaissance de l’implication des autorités municipales et des félicitations du comité, le Mexique continuer de s’opposer fermement à l’application de l’article 34 de la Convention internationale des Nations unies pour la protection des personnes contre les disparitions forcées. Il s’agit d’un mécanisme d’alerte et de coopération internationale en cas de confirmation du caractère systémique des disparitions. Malgré le rejet des autorités mexicaines, indique Animal Político, Juan Pablo Albán, le président du CED, a défendu l’utilité du Comité pour lutter contre ce fléau.
Les disparitions au Mexique, “un scandale national transformé en triste routine”
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