Les Etats-Unis font de nouveau volte-face quant au sort de la police de l’immigration américaine (ICE). Donald Trump s’en est pris, mercredi 15 juillet, à la décision de cette dernière de suspendre ses contrôles routiers, après la mort de deux personnes tuées par des agents en moins d’une semaine.
La veille, le ministère de la sécurité intérieure américain (DHS) avait en effet interrompu les contrôles routiers de cette agence fédérale, au lendemain de la mort d’un Colombien, abattu dans le Maine au volant de sa voiture. La semaine dernière, un Mexicain avait également été tué par un agent de l’ICE au Texas alors qu’il conduisait sa camionnette.
« Nous ne pouvons PAS renoncer à l’un des outils les plus importants et les plus efficaces de l’ICE dans la lutte contre la criminalité : LES CONTRÔLES ROUTIERS ! », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, mercredi matin.
« Dès que nous le ferons, nous ferons exactement le jeu des criminels. Les “Dumocrats” [un jeu de mots péjoratif visant les démocrates] de la gauche radicale aimeraient que cela arrive, mais cela ne se produira pas sous ma présidence, a-t-il poursuivi. ICE, agissez avec discernement, équité et intelligence, et reprenez votre travail si important. »
Deux autres morts en janvier
S’exprimant devant la presse, mardi, à la Maison Blanche, le conseiller de Donald Trump sur l’immigration, Tom Homan, avait confirmé qu’une « pause » était en cours concernant les contrôles routiers, tout en affirmant que cette méthode était efficace et serait rétablie.
Chargés de mettre en œuvre la campagne d’expulsion massive voulue par le président américain, les agents de l’ICE, lourdement armés et le plus souvent masqués, font l’objet d’une vive opposition à travers le pays en raison de leurs méthodes agressives, ayant notamment provoqué la mort par balle de deux citoyens américains en janvier à Minneapolis.
Des organisations de défense des droits ont identifié la victime de la fusillade de lundi à Biddeford, dans le Maine, comme étant Joan Sebastian Guerrero, un livreur colombien âgé de 26 ans et autorisé à travailler aux Etats-Unis. Il y vivait avec son épouse et leur fille de 3 ans. Le président colombien Gustavo Petro, critique virulent de la politique migratoire de Donald Trump, a qualifié cette mort de « meurtre ».
Dans la fusillade survenue la semaine dernière au Texas, les autorités de l’immigration ont affirmé que Lorenzo Salgado, 52 ans, avait tenté de renverser un agent de l’ICE avec son véhicule, une version contestée par plusieurs témoins.