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Election présidentielle au Pérou : Keiko Fujimori assume l’héritage populiste et autoritaire de son père
Par Amanda Chaparro (Lima, envoyée spéciale)ReportagePour la quatrième fois, la fille de l’ancien autocrate Alberto Fujimori parvient au second tour du scrutin, dimanche 7 juin. Face au candidat de gauche, Roberto Sanchez, elle s’appuie sur des électeurs populaires urbains et sur les milieux d’affaires, sensibles à ses promesses de « retour à l’ordre » et de maintien du modèle économique néolibéral.
Au centre de la cantine populaire du quartier de Villa Maria del Triunfo, sur les hauteurs de Lima, trône une plaque en l’honneur de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000). Faustina Cantu Villegas, la cuisinière du modeste réfectoire, assure que dimanche 7 juin, au second tour de la présidentielle, elle donnera son vote à sa fille, Keiko Fujimori, « la China » (« la Chinoise »). C’est la féminisation du surnom d’Alberto Fujimori, pourtant d’ascendance japonaise. A 60 ans, Faustina Cantu Villegas sert des repas à un prix modique et fait partie des nostalgiques des années 1990.
Dimanche, 27 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour départager deux candidats antagoniques. Keiko Fujimori, candidate de la droite populiste et autoritaire, bénéficie d’une légère avance selon le dernier sondage Ipsos du 31 mai, face à Roberto Sanchez, candidat de gauche. Alberto Fujimori reste pourtant associé à l’une des pages les plus sombres de l’histoire du XXe siècle au Pérou. Mort en 2024, il avait été condamné en 2009 pour crimes contre l’humanité à vingt-cinq ans de prison. Cela n’empêche pas sa fille d’en revendiquer l’héritage politique.
Mais dans les quartiers populaires de Lima, on se souvient surtout d’un président qui mouillait sa chemise. « Fujimori est venu ici, se rappelle Faustina Cantu Villegas avec émotion. Avant, ce quartier n’était que poussière. Il a envoyé des soldats pour construire cette route et tout asphalter. » Cet acte vaut loyauté dans ces quartiers défavorisés, façonnés par des vagues migratoires internes successives qui, depuis un siècle, ont repoussé l’habitat chaque fois plus loin sur les collines entourant la capitale. Parmi elles, des familles fuyant le terrorisme qui ravageait alors les campagnes, durant le conflit armé opposant le Sentier lumineux à l’Etat (1980-2000).
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