“Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez les Allemands de l’Est ?” Cette question, nombre de commentateurs politiques allemands se la pose, en amont des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, affirme l’Ostdeutsche Allgemeine Zeitung. Et c’est précisément ce qui pose problème à ce journal dresdois, créé en début d’année par le magnat controversé Holger Friedrich.

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“Nous devrions arrêter de parler de l’Est comme s’il s’agissait d’une zone politique à problèmes, à laquelle les habitants de la partie occidentale de la République fédérale doivent venir en aide”, écrit le titre, dont l’ambition est de donner une vision est-allemande de l’actualité.

Il est vrai qu’en Saxe-Anhalt le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) est largement en tête des sondages, avec plus de 40 % des voix. Il pourrait même obtenir la majorité absolue et diriger un Land pour la première fois de son histoire. Mais pour le média, cela ne signifie pas que les électeurs locaux ne devraient pas avoir voix au chapitre.

“Deux poids, deux mesures”

L’Ostdeutsche Allgemeine Zeitung appelle à se demander pourquoi les partis traditionnels ont perdu autant de voix ces dernières années dans la région. Le manque de réponses efficaces à l’inflation, la crise énergétique, la crise du logement, les problèmes migratoires et la lourdeur administrative, peut-être ?

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Lorsque les Allemands de l’Ouest évoquent ces thématiques, croit savoir le journal, leurs revendications sont perçues comme légitimes. Alors que pour celles des habitants des Länder d’ex-RDA, “les débats s’orientent rapidement sur les questions démocratiques” : “Bien entendu, l’offre politique n’est pas la même dans tout le pays [plusieurs sections régionales de l’AfD situées à l’Est sont par exemple considérées comme ‘extrémistes’ par l’Office de protection de la Constitution]. Mais il y a un vrai deux poids, deux mesures : un électeur veut faire évoluer la société, l’autre doit justifier ses choix électoraux.”

L’Ostdeutsche Allgemeine Zeitung ne va pas jusqu’à affirmer que les Allemands de l’Ouest sont des “Américains qui parlent allemand”, comme l’avait fait en juin Björn Höcke, le chef de l’AfD en Thuringe. Mais elle soutient que les Allemands de l’Est ont une perspective différente du reste du pays : en raison de leur expérience passée de la dictature, ils seraient plus méfiants face au pouvoir établi. Et l’Allemagne “gagnerait” à le prendre en compte.