Elon Musk, qui détient environ la moitié des actions de SpaceX, précise The Washington Post, pouvait devenir billionnaire, soit atteindre une fortune de 1 000 milliards de dollars (864 milliards d’euros), si le cours de l’action de sa société aérospatiale et d’intelligence artificielle “augmentait considérablement par rapport à son prix d’introduction en Bourse [IPO] de 135 dollars [117 euros]”.
C’est chose faite puisque ce 12 juin, l’action de SpaceX s’est échangée à 150 dollars (130 euros) au début de sa cotation à Wall Street. Cela correspond, selon Forbes, à une capitalisation de près de 2 000 milliards de dollars (1 728 milliards d’euros) pour l’entreprise, et a porté la fortune d’Elon Musk, déjà l’homme le plus riche du monde, “à 1 100 milliards de dollars [955 milliards d’euros] peu avant [18 heures, heure de Paris]”.
Peu avant 19 heures, toujours heure de Paris, l’action atteignait même les 172 dollars (149 euros), “27 % de plus que son prix d’introduction en Bourse”, relève Bloomberg. Le média économique américain ajoute que “plus de 277 millions d’actions SpaceX ont été échangées depuis l’ouverture de la séance [une heure plus tôt]. Cela représente près de la moitié des 555,6 millions d’actions vendues lors de l’offre publique”.
Plus que le PIB de Taïwan ou de l’Irlande
Pour approcher la fortune d’Elon Musk, “il faudrait additionner [celles] estimées des quatre personnes suivantes les plus riches de la planète – les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, le fondateur d’Oracle, Larry Ellison, et le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos”, souligne CNN. Qui observe qu’elle est aussi supérieure au PIB de pays comme Taïwan, l’Irlande ou la Suède.
L’IPO de SpaceX a “pulvérisé tous les records”, constate The New York Times, lui permettant de lever 75 milliards de dollars (65 milliards d’euros), largement plus que les 29,4 milliards (25 milliards d’euros) de Saudi Aramco en 2019. Pour le quotidien progressiste, cela marque “le début d’une nouvelle ère d’ultra-richesse et d’aggravation des inégalités”, alors que se préparent deux autres introductions en Bourse s’annonçant colossales, celles des géants rivaux de l’IA, Anthropic et OpenAI.
Le Times ajoute que cette opération “revêt aussi une dimension politique considérable”. Elon Musk, qui a été le conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche et a apporté son soutien à différents mouvements d’extrême droite, notamment en Europe, “a dépensé plus de 290 millions de dollars [250 millions d’euros] pour la campagne électorale de 2024” et “pourrait rester un méga-donateur conservateur pendant des décennies”.
“Pas de nazi sur le Nasdaq”, ont scandé des manifestants opposés à Elon Musk, à New York. Cité par Bloomberg, l’un d’entre eux dénonce une spéculation boursière qui met en péril “les pensions et fonds de retraite des travailleurs”, via les systèmes d’épargne-retraite par capitalisation.
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