Il faut arrêter d’imputer la responsabilité des incendies et autres catastrophes naturelles au seul dérèglement climatique. Ce phénomène est devenu l’alibi idéal de certaines administrations qui cherchent à échapper à leurs responsabilités, après avoir délaissé pendant des années la protection et la gestion de nos forêts, désormais livrées sans défense aux incendies qui, comme chaque été, ravagent de vastes régions d’Espagne.

Faire du changement climatique l’unique explication des catastrophes naturelles est aussi très tentant pour ne pas reconnaître ses erreurs. Personne ne conteste que le climat puisse accentuer l’intensité et la fréquence de certains événements extrêmes. Mais on sait aussi depuis des décennies que, s’il est impossible d’éviter tous les départs de feu, on peut en freiner la propagation et en limiter la portée grâce à une vraie gestion forestière. Une gestion qui brille aujourd’hui par son absence.

La présence de patrouilles permanentes de surveillance, le nettoyage des sous-bois, le débroussaillage, le pâturage ou encore la création et l’entretien des coupe-feu : toutes ces pratiques s’appuient sur des savoir-faire mis au point depuis des générations. Pourtant, ces mesures ont bien trop souvent été empêchées par des réglementations rigides et une bureaucratie