Samedi 20 juin, comme chaque année depuis 2015, les drapeaux flottant sur les bâtiments fédéraux seront mis en berne partout en Allemagne. Le ministre de l’intérieur, Alexander Dobrindt, a prévu de prononcer un discours pour commémorer « les victimes de l’exil et de l’expulsion », à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés qui, en Allemagne, a une résonance particulière. En effet, ce jour-là honore aussi les quelque 12 millions d’Allemands expulsés d’Europe centrale et orientale après la seconde guerre mondiale, certains dans des conditions dramatiques, avant de revenir en masse dans un pays vaincu, exsangue et détruit. Un épisode encore douloureux dans la mémoire collective allemande, écartelée entre la reconnaissance de ces souffrances individuelles et le sentiment de culpabilité lié à la responsabilité du pays dans les horreurs de la guerre.
Omniprésents dans les débats publics de l’après-guerre, ceux que les Allemands nomment les « Vertriebenen » (« personnes déplacées ») ont vu leur poids politique refluer, sans toutefois s’effacer complètement. Le gouvernement fédéral compte ainsi toujours un « commissaire chargé des questions relatives aux rapatriés et aux minorités nationales », lequel est généralement le président de la Fédération des expulsés (BdV), tandis que la cause des personnes déplacées continue de bénéficier d’importants financements fédéraux.
Il vous reste 83.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !