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En Angleterre, le photographe Ed Alcock sur les traces de ses ancêtres dans les mines de charbon de Horden : « Une de ces histoires racontée par ma mère, qui me hante depuis l’enfance »

Dans le nord-est de l’Angleterre, le photographe Ed Alcock remonte le fil d’une légende familiale, celle de la mort de son grand-oncle mineur Kendon à l’âge de 17 ans. Loin de tout misérabilisme, son projet l’entraîne à la rencontre des habitants de Horden attachés à leur ville.

En Angleterre, le photographe Ed Alcock sur les traces de ses ancêtres dans les mines de charbon de Horden : « Une de ces histoires racontée par ma mère, qui me hante depuis l’enfance »
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En Angleterre, le photographe Ed Alcock sur les traces de ses ancêtres dans les mines de charbon de Horden : « Une de ces histoires racontée par ma mère, qui me hante depuis l’enfance »

Par Emmanuelle Lequeux
Publié aujourd’hui à 04h30

Temps de Lecture 3 min.

Il n’avait jamais mis les pieds à Horden avant l’hiver 2023. Qu’aurait-il fait dans cette petite cité du nord-est de l’Angleterre abandonnée à sa misère ? Comme toujours chez Ed Alcock, photographe britannique installé à Paris depuis 2006, tout commence par une affaire personnelle, « une de ces histoires racontée par ma mère, qui me hante depuis l’enfance », explique-t-il de Deauville, où il prépare un nouveau projet.

Une partie de sa famille maternelle a travaillé dans les mines de charbon de Horden, dans le comté de Durham, il y a près d’un siècle. « Comme beaucoup de transfuges de classe, je me sentais grignoté par le sentiment de culpabilité d’être loin de ces terres, sentiment sur lequel je n’ai longtemps pu mettre de mots. » Il y mettra finalement des images, glanées au fil « d’une enquête un peu à la Modiano, attiré comme un clou rouillé vers un aimant, vers ce qui est devenu l’un des territoires les plus défavorisés d’Europe ». Ainsi naît sa série « Buried Treasure », exposée au château de Tours.

De Horden, aujourd’hui 7 000 âmes, il n’avait que « quelques images projetées, à la Ken Loach ». Dès son arrivée, il est frappé, dans ces rues dont certaines n’ont pas de nom, juste des numéros, « par le délabrement des maisons construites pour les familles de mineurs au début du XXe siècle et aujourd’hui murées pour la moitié d’entre elles ». Extrême pauvreté, toxicomanie, alcoolisme et chômage : depuis que ces mines, parmi les plus productives d’Europe, ont fermé à la fin de l’ère Thatcher, la ville est livrée à elle-même. « Contrairement à la France, le gouvernement britannique n’a rien fait pour ce type de territoires », constate-t-il.

« La version prolo de Clark Kent »

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