C’est sans conteste “la saisie d’invertébrés exotiques illégaux la plus importante jamais réalisée en Australie”, commente le média public ABC (Australia Broadcasting Corporation) vendredi 5 juin. Plus de 100 000 cafards exotiques vivants ont été découverts chez un éleveur à Bathurst, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Sydney, a annoncé le ministère du Changement climatique, de l’Énergie, de l’Environnement et de l’Eau (DCCEEW). La valeur de la saisie est estimée à 200 000 dollars australiens, soit 123 000 euros.

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Parmi les insectes saisis, des blattes dubia ainsi que des blattes de Madagascar (Gromphadorhina portentosa), une des plus grandes espèces pouvant atteindre jusqu’à 7 centimètres. “L’importation de ces espèces en Australie est interdite”, précise le média Nine. “En vertu de la législation en matière de biosécurité, il est également interdit de détenir ces insectes, de les élever ou de les vendre, quelle que soit la manière dont ils ont été obtenus.”

Les autorités sanitaires redoutent en effet la propagation de maladies et un possible impact sur la faune indigène et l’agriculture. Qualifiant cette découverte de “choquante”, Carol Booth, du Conseil des espèces envahissantes, évoque auprès du Guardian Australia un “risque majeur pour la biosécurité”. Non seulement “ces cafards étrangers pourraient s’établir à l’état sauvage et menacer les cafards indigènes et d’autres insectes” mais “ils pourraient introduire de nouvelles maladies”, insiste-t-elle.

Un problème plus vaste en Australie

Mais pourquoi un tel élevage ? “Ces cafards étaient probablement destinés au commerce des animaux de compagnie, notamment pour servir de nourriture aux reptiles domestiques, avance le Guardian Australia. Les blattes dubia sont un aliment populaire pour les reptiles en captivité, mais aussi pour les grenouilles et certains poissons.” Chasseuse de serpents à Bathurst, Stefanie Lesser explique à ABC avoir vu des insectes en vente sur Internet. “Les gens en achètent parce qu’ils sont gros, ils font à peu près la taille de la paume de la main”, explique-t-elle.

“C’est sans doute plus économique : au lieu de donner à chaque lézard trois ou quatre vers de terre, qui sont assez petits, on peut se contenter d’un seul cafard.”

Aucune poursuite n’a, pour l’heure, été engagée contre le propriétaire de l’élevage, indique ABC. Carol Booth estime auprès du Guardian Australia que la justice australienne devrait prendre plus au sérieux ces affaires de trafic d’espèces exotiques. La saisie des cafards est en outre, à ses yeux, “un exemple d’un problème bien plus vaste en Australie, à savoir la vente et la détention illégales d’animaux sauvages exotiques, notamment de serpents et d’autres reptiles”.

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En attendant, indique Nine, les 100 000 cafards saisis à Bathurst vont être euthanasiés.