Après cinquante jours de conflit, le plus long que le pays ait connu, la Bolivie retrouvait peu à peu la normalité, mercredi 24 juin. La veille, les autorités affirmaient avoir dégagé la totalité des routes du pays, pourtant bloquées par des manifestants depuis le 1er mai. Après sept semaines de protestations, le conflit a été résolu sans effusion de sang ni recours à l’armée, malgré la menace persistante de l’état d’urgence. Le président a opté pour une stratégie de division des mouvements sociaux.
Le 19 juin, le président Rodrigo Paz Pereira (droite) et la Centrale ouvrière bolivienne (COB), la principale centrale syndicale du pays, ont annoncé être parvenus à un accord. La plupart des barrages ont aussitôt été levés ; le mouvement avait d’ailleurs commencé à s’essouffler les jours précédents, entraînant la réouverture de plusieurs axes.
Quelques heures plus tard, le chef de l’Etat décrétait un état d’exception dans tout le pays. Objectif : réduire les derniers foyers de résistance, dans le département de Cochabamba et la région du Chapare, de cultivateurs de coca, alliés à l’ex-président de gauche Evo Morales (2006-2019). Policiers et militaires sont alors intervenus pour déloger les paysans et indigènes qui, dénonçant une « traîtrise » de la COB et de son dirigeant, Mario Argollo, tenaient encore une cinquantaine de barrages.
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