Arborant un maillot de la sélection colombienne de football, un flocage “Presidente” dans le dos accompagné du numéro 10, Abelardo de la Espriella avait célébré le 23 mai la clôture de sa campagne à Barranquilla, dans le nord du pays. À ses côtés, sa femme et ses enfants avaient également revêtu la tunique jaune. Huit jours plus tard, le candidat d’extrême droite créait la surprise en arrivant en tête du premier tour de l’élection présidentielle avec près de 43,7 % des voix, et toujours avec son maillot sur les épaules.

Cette scène, apparemment banale, a pourtant déclenché une bataille judiciaire inattendue. Lundi 1er juin, son rival de gauche, Ivan Cepeda, arrivé deuxième avec environ 40,9 % des suffrages, l’a publiquement accusé de “voler” le maillot en se l’appropriant pour faire campagne.

Jeudi 4 juin, une juge de Bogota a ordonné à de la Espriella de “mettre fin de manière immédiate et définitive” à l’usage du maillot “comme symbole identificateur de son parti politique, de sa campagne ou de son image personnelle sur la place publique ou dans tout autre média”, rappelle El Tiempo, qui relaie le contenu de l’ordonnance. Le quotidien précise que la justice a été saisie par un citoyen qui s’est senti “discriminé et stigmatisé” à la veille du premier match de la Coupe du monde,