C’est peu de dire que le président d’extrême droite colombien, Abelardo de la Espriella, n’a pas bénéficié de lune de miel. Le 10 août, trois jours après sa prise de fonctions, un séisme d’une magnitude de 7,4 a secoué l’ouest de la Colombie. Selon un bilan provisoire établi jeudi 20 août, 319 personnes sont mortes et 260 sont portées disparues.
Le président, qui avait promis d’agir vite et fort dès les premiers jours de son mandat, avec un programme fondé sur la fin du dialogue de paix avec les groupes armés illégaux, une main de fer contre la violence et une réduction drastique des dépenses publiques, a dû affronter la gestion du plus violent séisme de la dernière décennie, affectant 15 départements – surtout celui du Choco, le plus pauvre du pays.
Abelardo de la Espriella avait commencé son mandat comme promis, à coups de décisions chocs. Dès le lendemain de son investiture, il annonçait le transfèrement vers une prison de haute sécurité de 117 détenus. « Pendant l’ère du “Tigre” [le surnom dont il s’affuble lui-même], on appliquera une main de fer pour tous les bandits », avait-il asséné. Le président colombien avait aussi annoncé des actions militaires contre des narcotrafiquants et la mort de plusieurs membres d’un groupe dissident des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et du puissant cartel du Clan del Golfo. « La “patrie miracle” [son slogan] donnera des résultats en sécurité », avait-il promis.
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