Sur le trottoir de l’avenue Séptima, dans le centre de Bogota, Bellaluz Gutierrez tient dans ses mains une feuille de papier blanc sur laquelle est écrit : « Encore indécis ? » Celle de son voisin, Carlos Mora, interroge : « Veux-tu parler élection ? » Souriants, les activistes sont une quinzaine. Des passants s’arrêtent. La discussion s’engage. « Nous ne sommes pas des militants, mais des citoyens convaincus qu’il faut agir – et dialoguer – pour empêcher l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir », explique Carlos Mora. Il porte un tee-shirt à l’effigie du candidat de gauche, Ivan Cepeda, héritier politique du président sortant, Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire du pays, en fonctions depuis août 2022.
A l’autre bout de la ville, sur l’élégante place de la 93e Rue, deux jeunes distribuent des tracts d’Abelardo de la Espriella. On y voit le candidat de l’ultradroite faire un salut militaire, le regard fixé vers le lointain. « A fond pour la patrie », dit le slogan de sa campagne. L’outsider a même choisi un surnom de campagne : « El Tigre ». Un des deux jeunes explique : « Ivan Cepeda est un dangereux communiste, ami des guérilleros. Nous faisons confiance au “Tigre” pour lui barrer la route et sauver notre pays du désastre. »
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