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En Colombie, une centaine de guérilleros déposent les armes, à trois jours du second tour de la présidentielle

La Coordination nationale Armée bolivarienne, groupe dissident des ex-FARC, est la seule guérilla qui poursuivait encore les pourparlers de paix engagés par le président de gauche Gustavo Petro depuis le début de son mandat en 2022.

En Colombie, une centaine de guérilleros déposent les armes, à trois jours du second tour de la présidentielle
HaitiCreoleRadio.com

A trois jours du second tour de la présidentielle en Colombie, la reddition tombe à pic pour le gouvernement du président de gauche, Gustavo Petro. Une centaine de guérilleros ont déposé les armes, jeudi 18 juin dans le sud du pays, dans le cadre de négociations pour une « paix totale » voulue par M. Petro.

Ces 99 membres de la Coordination nationale Armée bolivarienne (CNEB) ont été accueillis dans une zone réservée au milieu de la jungle du département de Putumayo, a constaté l’Agence France-Presse. En tenue de camouflage, ils ont déposé symboliquement leurs fusils dans un immense conteneur portant l’inscription « Je parie sur la vie, je tiens parole pour la paix », sous la surveillance d’organismes internationaux et de l’Eglise catholique.

C’est « un message très fort et très puissant pour la société colombienne, à une époque où l’on entend beaucoup de bruit de guerre et où la violence globale s’intensifie », a déclaré Armando Novoa, chef de la délégation de paix du gouvernement auprès du CNEB.

Les Colombiens sont invités, dimanche, à choisir entre la continuité de la politique de « paix totale » portée par le dauphin de M. Petro, le sénateur de gauche Ivan Cepeda, et un affrontement direct avec les groupes armés, prôné par le candidat d’extrême droite, Abelardo de la Espriella.

M. de la Espriella pourrait, en cas de victoire, mettre fin aux discussions avec le CNEB, ce qui annulerait la suspension des mandats d’arrêt des 99 personnes qui ont rendu leurs armes jeudi.

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Le CNEB, groupe dissident des ex-FARC qui ont signé en 2016 un accord de paix historique avec l’Etat colombien, est la seule guérilla qui poursuivait les discussions engagées par Petro depuis le début de son mandat en 2022. Le gouvernement estime que le CNEB pourrait compter entre 2 000 et 2 500 membres.

Les autres guérillas d’extrême gauche, les organisations paramilitaires d’extrême droite et les groupes de narcotrafiquants ont tous claqué la porte des négociations.

Une guérilla de modeste puissance

Les guérilleros doivent rester durant dix mois sur ces terres du département de Putumayo, auparavant consacrées à des cultures de coca, dans l’attente d’un désarmement définitif et de la clarification de leur situation juridique. Ils se sont vu offrir des kits d’hygiène et des livres avant d’entrer dans la zone surveillée par l’armée, où ils seront logés dans des maisons équipées de panneaux solaires.

« Je suis fier de contribuer à la paix », a déclaré, jeudi, un guérillero, alias Ferney, son sac à dos sur les épaules. « Mon souhait est de me former à quelque chose pour ne plus jamais retourner à quoi que ce soit d’illégal dans cette vie », a-t-il ajouté. « Je suis comblé, ma joie est immense à l’idée que nous n’allons plus être là-bas, loin de la famille », a déclaré à l’AFP un autre rebelle qui a tenu à rester anonyme.

Le dépôt d’armes est inhabituel dans ce type de négociations en Colombie, pays traversé par six décennies de conflit armé interne. Les FARC l’avaient fait en 2006, un an après la signature de l’accord qui avait valu à leurs signataires le prix Nobel de la paix.

Ces membres du CNEB dans le Putumayo obéissaient aux ordres de Walter Mendoza, un ex-FARC qui avait signé la paix avant de reprendre les armes en 2019. Il n’était pas présent à la cérémonie jeudi.

Si cette guérilla contrôle des territoires-clés pour la production de drogue à la frontière avec l’Equateur, sa puissance est modeste comparée à celle de l’Armée de libération nationale (ELN) ou à d’autres dissidences des FARC, comme celle commandée par alias Ivan Mordisco, le rebelle le plus recherché du pays.

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Le Monde avec AFP

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