Lundi 1er juin, quelque 50 millions d’électeurs, sur les 130 millions d’habitants que compte l’Ethiopie, sont appelés aux urnes. Ils éliront les 547 membres de la Chambre des représentants du peuple, la chambre basse du Parlement fédéral, qui, à leur tour, désigneront le premier ministre, chef de l’exécutif dans le pays. Selon la Commission électorale, 47 partis affrontent officiellement le Parti de la prospérité du premier ministre, Abiy Ahmed, en fonctions depuis 2018 et à qui la victoire est promise. La plupart de ces formations sont proches du pouvoir.
Le vote clôt une campagne électorale presque inexistante, révélatrice du désenchantement de la population. « Ce scrutin n’existe que pour faire plaisir à l’Occident et aux investisseurs, s’emporte un habitant d’Addis-Abeba, géologue de formation, au chômage, qui souhaite garder l’anonymat. Mais, ici, on n’est pas dupes, même les soi-disant opposants roulent pour le parti au pouvoir. Et je ne connais personne qui ira voter. »
Pour Marew Abebe Salemot, chercheur en science politique à l’université de Debark, « ce scrutin, où l’opposition est inexistante, est tout sauf un exercice démocratique : c’est une démonstration de force du parti au pouvoir ». D’après le chercheur, « la participation sera très limitée à cause de ce manque de représentativité, mais aussi et surtout parce que dans plusieurs régions du pays, les conflits entravent le bon déroulement du vote ».
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