« C’est la politique de la table rase. » Comme nombre de commentateurs en Hongrie, le chercheur Zoltan Sz. Biro, spécialiste de la Russie, a été surpris par l’ampleur des expulsions de diplomates russes décidée, mardi 8 septembre, par le gouvernement pro-européen de Péter Magyar. Celui-ci s’est installé dans ses fonctions en mai, après l’ample victoire de son parti, Tisza, et la défaite de l’ancien premier ministre Viktor Orban aux législatives d’avril. « On s’attendait à une mesure de ce genre, mais dix diplomates, c’est un chiffre particulièrement élevé. Il est clair que le gouvernement a voulu donner une force symbolique à sa décision, pour montrer à nos alliés européens que nous sommes dans leur camp », estime M. Biro.
Sur son compte Facebook, Andras Telkes, l’ancien directeur adjoint de l’Office d’information (le service de renseignement hongrois), est formel : « L’expulsion de deux ou trois personnes aurait été un simple message. L’expulsion de dix personnes, c’est déjà la guerre. » Jusque-là, entre 50 et 60 personnes étaient en poste à l’ambassade de Russie à Budapest. Ce nombre élevé illustrait la situation laissée par le pouvoir précédent, que le site d’investigation Kontroll résumait en ces termes, dans un article daté de mai : « Budapest est discrètement devenu la plaque tournante régionale du renseignement militaire russe [le GRU]. »
Il vous reste 80.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !