“Le jour se lève, la chaleur ne s’est pas encore abattue sur la côte, et Fatou Jarjue attend le retrait de la marée. Elle ajuste ses gants et ses chaussettes, pénètre dans les étendues vaseuses de la réserve de Tanbi et pousse sa pirogue à travers les étroits canaux de la mangrove”, écrit le diffuseur panarabe Al-Jazeera. Cette mère de famille âgée de 34 ans récolte habituellement les huîtres qui s’accrochent aux racines des palétuviers. Aujourd’hui, “[elle] et plusieurs autres femmes de Ndangan [un petit village de 300 habitants situé à 2 kilomètres à l’ouest de la capitale gambienne, Banjul] sont les gardiennes de cet écosystème qui les fait vivre”.

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L’ostréiculture est une activité relativement lucrative, du fait de la forte demande sur les marchés locaux. La récolte s’effectue durant la saison sèche, avant d’être mise en pause pendant la saison des pluies pour permettre le renouvellement des populations de mollusques. Mais la mangrove aux abords de Banjul est aujourd’hui menacée par l’activité humaine et le changement climatique. Son recul implique une raréfaction des ressources en huîtres – et donc une perte de revenus pour les communautés locales – mais aussi l’affaiblissement d’un allié précieux pour la préservation du littoral. La mangrove agit comme une “barrière naturelle” contre la montée des eaux et les inondations. “Elle fait partie de notre vie”, affirme Fatou Jarjue.

“Les femmes de Ndangan ont suivi une formation sur la restauration des mangroves, dispensée par une association locale qui accompagne les habitants des littoraux gambiens. Elles ont ainsi appris à réhabiliter les mangroves endommagées […] et découvert la forêt sous un nouveau jour : un lieu de récolte, certes, mais aussi un écosystème qu’elles ont le devoir de préserver.”

Pour l’avenir de la communauté

Désormais, lorsqu’elle ne participe pas à la récolte, Fatou Jarjue inspecte les jeunes plants, remplace ceux qui ont été endommagés et surveille les zones où la mangrove pourrait être menacée.

“Pour [elle], la préservation de cet écosystème est aussi une question de survie. Plus la mangrove reprend des forces, plus l’avenir de la communauté est assuré”, poursuit Al-Jazeera, qui décrit une activité qui permet aux habitants de la zone humide de Tanbi de subvenir à leurs besoins depuis plusieurs générations.

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Sussan Colley, une femme de 48 ans également interrogée par le média qatari, espère pouvoir protéger cet environnement assez longtemps pour que ses descendants en tirent profit. “Je veux qu’ils puissent vivre de cette activité, sans oublier pour autant l’importance de la mangrove et le rôle qu’elle joue dans notre quotidien.”