« Naâma a perdu plus de 9 kilos mais demande toujours un rendez-vous avec le délégué général de l’administration pénitentiaire. Après trente-quatre jours de grève de la faim, il reste déterminé à faire respecter ses droits », confiait, samedi 11 juillet, Claude Mangin, la femme du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, incarcéré depuis 2010 au Maroc. La Française n’a plus vu son compagnon depuis 2019, car elle est refoulée du territoire marocain où, selon les autorités, elle ferait peser un risque de trouble à l’ordre public. Elle échange trois fois par semaine avec le militant reclus dans l’infirmerie de la prison de Kénitra, à 35 kilomètres au nord de Rabat. Moins de cinq minutes à chaque fois, selon les règles dictées par la direction de la prison.
« Naâma parle de “grève de la dignité”, personne ne peut la lui retirer, assure son épouse. Il a le soutien d’autres Sahraouis détenus dans les prisons marocaines, qui ont mené des grèves de la faim de quarante-huit heures en signe de solidarité avec lui. » Une manifestation des familles de ces prisonniers s’est tenue mercredi à Rabat pour appuyer les demandes de Naâma Asfari. Cette figure du droit à l’autodétermination du Sahara occidental, territoire de près de 270 000 kilomètres carrés disputé entre le royaume chérifien, qui en contrôle 80 %, et les indépendantistes du Front Polisario, est le porte-voix d’un groupe de 19 prisonniers, dit « groupe de Gdeim Izik », en référence à cette localité des environs de Laâyoune, où de nombreux manifestants avaient déployé leurs tentes à l’automne 2010 afin de protester contre les discriminations sociales et économiques dont ils étaient l’objet.
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