A l’issue des élections législatives et communales du 31 mai remportées par son parti, Mamadi Doumbouya peut formellement affirmer que la parenthèse du pouvoir d’exception ouverte par son coup d’Etat sanglant du 5 septembre 2021 est refermée. Déjà, en décembre 2025, après l’élection présidentielle, l’ancien sous-officier de la Légion étrangère avait remisé son uniforme pour un grand boubou de président. L’ordre constitutionnel serait-il donc rétabli ?
Dans les faits, cet habillage démocratique ne cache pas une cruelle réalité, celle d’un régime répressif, cadenassé par le président et une clique de militaires agissant en coulisses. Une analyse même superficielle des consultations électorales suffit à révéler les failles démocratiques béantes du régime de l’ancien putschiste. Pour la présidentielle comme pour les législatives, Mamadi Doumbouya n’a pas fait campagne. L’ancien commandant des forces spéciales s’est contenté de neutraliser, brutalement, toutes les sources de contestation.
Quarante formations politiques ont ainsi été dissoutes début mars, sous le couvert de réformes électorales. Parmi elles, les trois partis les plus importants dans l’histoire du pays : l’Union des forces démocratiques de Guinée, de Cellou Dalein Diallo ; le Rassemblement du peuple de Guinée, de l’ancien président Alpha Condé (2010-2021) ; et l’Union des forces républicaines, de Sidya Touré. Il y a plusieurs années déjà que leurs leaders ont pris le chemin de l’exil.
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