En déclarant, début janvier, à une journaliste du quotidien français Libération que « [s]on ambition est de mourir avant Le Lynx », l’hebdomadaire satyrique qu’il avait fondé, Souleymane Diallo imaginait-il qu’il atteindrait cet objectif fatal aussi rapidement ? A l’époque, le journaliste guinéen, hissé sur le dernier rempart d’une liberté de la presse piétinée par le pouvoir, se remettait d’un accident vasculaire cérébral au Canada. Il y est mort lundi 1er juin. La question se pose dorénavant de savoir si Le Lynx lui survivra longtemps.
Nous l’avions joint au téléphone début mai. Il évoquait non sans appréhension la perspective de son retour en Guinée. « Le Lynx est toujours debout, là où beaucoup d’autres ont été contraints de fermer leurs portes, mais on étouffe », nous expliquait-il. « Tous les moyens sont utilisés pour faire taire les voix dissonantes, même les kidnappings », ajoutait-il.
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