Journaliste depuis plus de dix ans à l’agence de presse nationale hongroise, MTI, Istvan (un prénom d’emprunt) admet volontiers qu’il n’avait pas beaucoup d’estime pour le sens de son travail avant la chute de l’ancien dirigeant nationaliste Viktor Orban. « On était soumis à une censure totale, avec certains sujets complètement interdits, comme la pédophilie dans l’Eglise [catholique] ou d’autres subissant un contrôle étroit sur tout ce qui avait trait à la guerre en Ukraine ou à l’Union européenne », explique cet agencier, qui dit « se sentir de nouveau totalement libre » depuis la victoire écrasante du candidat conservateur et pro-européen Péter Magyar aux élections législatives du 12 avril, dans ce pays d’Europe centrale.
« Dès le 13 avril, c’était évident que rien ne marcherait plus comme avant. Nos chefs sont certes toujours là, mais on ne les voit presque plus et on peut à nouveau écrire ce qu’on veut », se réjouit Istvan. En cette mi-juin, cela fait deux mois que MTI traverse un profond bouleversement, comme les autres médias hongrois qui avaient été transformés en machine de propagande sous M. Orban. M. Magyar est certes revenu sur sa promesse radicale de « suspendre immédiatement » les programmes des médias publics, mais il avance au pas de charge pour réformer en profondeur « l’usine à mensonges », ainsi qu’il qualifie le conglomérat audiovisuel public MTVA, qui comprend MTI.
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