Une avalanche législative s’est abattue sur le Parlement hongrois, à Budapest, à l’occasion d’une séance extraordinaire, lundi 22 et mardi 23 juin, une période de l’année pendant laquelle les députés ont plutôt l’habitude de profiter de leurs vacances au bord du lac Balaton. Mardi, la majorité à deux tiers dont dispose le parti Tisza (« Respect et liberté »), du nouveau premier ministre Péter Magyar, a adopté plusieurs textes très attendus de son électorat, désireux de tourner la page du « régime de Viktor Orban », qui a dirigé le gouvernement de mai 2010 à mai 2026.
Afin de toucher les 16 milliards d’euros de fonds européens dont la Hongrie a été privée par la Commission européenne pour violation de l’Etat de droit sous le précédent gouvernement, les députés ont validé la suppression des « fondations de gestion d’actifs d’intérêt public », dites kekva. Ces structures s’étaient multipliées à partir de 2021 et avaient permis un transfert massif des actifs de l’Etat hongrois à des conseils de direction, dominés par le Fidesz, le parti de Viktor Orban. L’Etat devrait ainsi récupérer 8,5 milliards d’euros de patrimoine d’ici à la fin du mois d’août. Les universités hongroises, qui ont elles aussi hérité de ce modèle de gouvernance, bénéficieront d’un délai d’un an supplémentaire, tout en voyant leur transparence renforcée. « Les kekvas avaient pour seul but de défendre le gouvernement », souligne Aron Demeter, responsable de la communication au sein de la section hongroise d’Amnesty International.
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