L’Inde ne compte plus les escroqueries dans le secteur du mariage. L’un des exemples les plus extrêmes s’est déroulé au mois de mai dans le Madhya Pradesh, rapporte The New York Times. Dans cet État du centre de l’Inde, des dizaines de futurs mariés se sont présentés à un mariage qui n’a jamais eu lieu. Abhishek Varma fut l’un d’entre eux.

“Ses parents, désespérés de le marier, avaient trouvé dans un village voisin […] un homme qui se présentait comme entremetteur.” Ce dernier leur avait simplement dit qu’“il leur suffisait de choisir une orpheline dans un album photo et de payer environ 200 dollars [170 euros] pour participer à un mariage collectif”.

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Le jour J, fin mai, M. Varma et une quarantaine d’autres futurs mariés, venus de plusieurs villages, sont arrivés à 8 heures du matin, vêtus de leur tenue de mariage. “Ils ont attendu leurs promises toute la journée, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils avaient été dupés.”

En Inde, de nombreux escrocs sont attirés par les sommes considérables qui alimentent le marché du mariage. Les familles y consacrent bien souvent les économies d’une vie et la pratique de la dot, bien qu’interdite par la loi, perdure.

Ce qui s’est déroulé dans le Madhya Pradesh n’était pas seulement un cas d’escroquerie financière, mais relève d’une humiliation publique pour des dizaines d’hommes venus de villages et de petites villes croyant se marier, estime The Indian Express.

Dernier recours

“En Inde, les mariages collectifs ne relèvent ni de la culture ni de la tradition”, rappelle The Print. Ils se sont développés dans le cadre de l’aide sociale et de la charité. “Pour les hommes et les femmes issus de familles modestes, c’est l’occasion de se marier sans s’endetter lourdement”, poursuit le site d’information indien.

Les mariages collectifs sont donc souvent le dernier recours pour les hommes qui peinent à trouver une épouse. Ils peuvent être considérés comme trop vieux sur le marché matrimonial, être divorcés ou encore sans emploi. C’est ce désespoir dont profitent les agents ou les agences matrimoniales. “Les agents, connus sous le nom de bicholia (“intermédiaire”), promettent à ces familles qu’ils les marieront et leur demandent de l’argent”, a déclaré Devendra Kumar, fondateur de la Fondation Ladli, une organisation située à Delhi qui œuvre pour l’émancipation des femmes vulnérables dans les zones rurales et urbaines.

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Ces dernières années, les mariages collectifs sont devenus un terrain inattendu pour la fraude. La promesse d’aides financières, de cadeaux et autres avantages du gouvernement ont aussi favorisé le développement des arnaques, même lorsque les gains sont modestes.

Auparavant, les arnaques concernaient plutôt les fausses promesses de mariage avec des Indiens établis à l’étranger, sans compter le phénomène des “mariées voleuses”, ces femmes qui utilisent le mariage pour intégrer une famille puis disparaître avec argent et objets de valeur, explique The Print.