Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre Téhéran, le renforcement de l’emprise des Gardiens de la révolution a largement été commenté. C’est un fait, mais le tableau serait incomplet si l’on ne tenait pas compte d’une autre transformation importante, qui se produit dans l’espace public.

Depuis le début du conflit, la République islamique mobilise activement ses partisans, à commencer par les bassidjis et les réseaux des Gardiens de la révolution, dont la présence est visible dans les rues de Téhéran et d’autres grandes villes. Ils se rassemblent en groupes, petits parfois, et se déplacent en entonnant des slogans religieux et antiaméricains, et en récitant des versets du Coran.

Dans les grandes villes, ces groupes investissent les places, les grandes artères, les quartiers résidentiels. C’est l’occasion pour les Gardiens de la révolution d’exposer des missiles présentés comme étant parés au lancement, autour desquels les manifestants viennent agiter des drapeaux, voire entonner une prière collective.

Des rues désertées par les Iraniens “ordinaires”

Ce sont des démonstrations de force, des provocations, mais qui sont aussi révélatrices d’une évolution concrète sur le terrain. Les bassidjis et la police ont, de fait, mis en place dans les grandes villes des postes