C’est la stratégie du pyromane : allumer un incendie en espérant détourner de ses échecs le regard de l’opinion publique. A moins de quatre mois des prochaines élections législatives, qui s’annoncent difficiles, Benyamin Nétanyahou, l’homme qui cumule plus de dix-huit années au poste de premier ministre, a choisi de polariser un peu plus encore la société israélienne : il s’attaque frontalement à la Cour suprême – un des piliers de l’Etat de droit pour ses défenseurs, une des incarnations de l’« Etat profond », pour la droite nationaliste et populiste tout autour de la planète. Et singulièrement en Israël.
De façon volontairement spectaculaire, son gouvernement a annoncé, dimanche 5 juillet, qu’il n’appliquerait pas une décision de la plus haute instance juridique autorisant l’une des autorités de régulation des médias à examiner le rachat d’une chaîne de télévision par des investisseurs considérés comme critiques à l’égard du gouvernement. Ce refus ouvre une crise constitutionnelle inédite dans la mesure où la Cour suprême est progressivement devenue le principal contre-pouvoir légal en Israël, pays qui n’a jamais été doté d’une constitution et dont le Parlement demeure une institution faible face au pouvoir exécutif.
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