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En Israël, le fléau du crime organisé dans les villes palestiniennes : « Les gangsters ne craignent plus la police »

Sur les 185 personnes victimes d’homicide depuis le début de l’année 2026, 158 étaient des Palestiniens de l’Etat hébreu, qui comptent pour 21 % de la population du pays. Les responsables municipaux palestiniens accusent la police israélienne d’inaction.

En Israël, le fléau du crime organisé dans les villes palestiniennes : « Les gangsters ne craignent plus la police »
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En Israël, le fléau du crime organisé dans les villes palestiniennes : « Les gangsters ne craignent plus la police »

Par Lucas Minisini (Arraba, Lod et Tel-Aviv [Israël], envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 17h57

Temps de Lecture 7 min.

Sur un écran de télévision, Ziad Samouni, 54 ans, fait défiler des photographies montrant Hussein, son fils de 30 ans. Il y apparaît d’abord dans un costume sombre et une cravate rouge, embrassant la main de son père. Pour le quinquagénaire, en chemisette bleue et lunettes affichant le logo de Ferrari, dans le bureau de son garage du quartier palestinien de Jaffa, dans le sud de Tel-Aviv, le 17 juillet, cette image prouve que son aîné avait enfin réussi à « fuir sa période sombre ».

Le jeune homme, qui, pendant plusieurs années, avait été « attiré dans la boue » par un petit groupe de délinquants de son quartier impliqués dans le trafic de drogue, avait réussi à trouver un emploi de contremaître dans la construction de villas à Ramat Gan, en banlieue est de Tel-Aviv. Pour reprendre sa vie en main, l’ouvrier du bâtiment s’était tourné vers la religion, apprenant l’arabe classique pour lire le Coran. Et, en octobre 2025, ce père de trois filles avait eu son premier fils, prénommé Ziad, comme son père. Quatre semaines plus tard, le 8 novembre 2025, Hussein Samouni était assassiné.

Ce jour-là, comme le veut la tradition palestinienne, toute la famille Samouni s’était réunie pour bénir la naissance du nouveau-né, chez Hussein. Le trentenaire avait prévu de rejoindre quelques collègues, en fin de journée. Le groupe discutait sur un trottoir quand deux individus masqués ont surgi sur un scooter, armes à la main. Sans descendre, l’un des deux a tiré deux balles dans le cou du jeune homme, avant de vider le reste du chargeur sur son corps inanimé, au sol. Grièvement blessé, Hussein Samouni a été déclaré mort à son arrivée au centre médical Wolfson de Tel-Aviv. Ziad n’avait jamais imaginé que les mauvaises fréquentations de son fils et son passé de petit délinquant auraient pu, un jour, mener à un tel déchaînement de violence. « C’est comme si sa vie ne valait pas plus que celle d’une mouche », précise-t-il, les larmes aux yeux.

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