A son arrivée en Normandie, où il doit participer, samedi 6 juin, aux commémorations du débarquement de 1944, le secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, a souligné que « l’Europe doit être la première à assurer sa défense conventionnelle » – l’expression désigne tous les domaines de la guerre, à l’exception de l’utilisation d’armes nucléaires. « Nous pensons que c’est une nécessité stratégique », a ajouté ce proche de Donald Trump lors d’une réunion à laquelle assistait notamment la ministre des armées, Catherine Vautrin, au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Calvados). Il a ensuite appelé « les alliés, comme la France, à faire face sérieusement à cette réalité et à le montrer par des avancées concrètes ».
Le ministre américain se rend en France après une série d’annonces de réduction des troupes américaines stationnées sur le continent et alors qu’un sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est prévu à Ankara le mois prochain. A la fin de mai, à Singapour, M. Hegseth avait reproché aux capitales européennes d’avoir « trop longtemps » ignoré les appels à renforcer leur défense, leur demandant de s’abstenir de « faire la morale ».
Catherine Vautrin, qui l’accompagnera, avec Sébastien Lecornu, aux célébrations de samedi, avait répondu que la France était dans une « démarche de réarmement ». Son homologue britannique, John Healey, sera également présent à la cérémonie internationale, qui se déroulera pour la première fois à Langrune-sur-Mer, entre les plages de Juno Beach et Sword Beach – où débarquèrent les forces anglo-canadiennes.
Les commémorations officielles commenceront à 13 heures, à Ouistreham, par la traditionnelle cérémonie de remise de diplômes et bérets verts par Sébastien Lecornu aux fusiliers marins, héritiers des 177 Français des commandos Kieffer, qui ont débarqué à cet endroit en 1944. La cérémonie internationale est fixée à 16 heures à Langrune-sur-Mer, en présence d’ambassadeurs et d’officiers représentant les troupes alliées ainsi que l’Allemagne.