Le président roumain, Nicusor Dan, a désigné, jeudi 4 juin, l’eurodéputé Renew Eugen Tomac au poste de premier ministre, un mois après le renversement du libéral Ilie Bolojan par une motion de censure de ses anciens alliés sociaux-démocrates et de l’extrême droite.
« Puisque les partis ne parviennent pas à se mettre d’accord entre eux, la seule solution possible est » de nommer « un premier ministre indépendant » capable de négocier pour conserver la « position pro-occidentale » de la Roumanie.
De son côté, Eugen Tomac a affirmé qu’il proposerait un « gouvernement technique, et non pas politique », disant « parfaitement comprendre la situation difficile » à laquelle le pays est confronté. On ignore à ce stade quelles formations politiques vont le soutenir lors d’un vote prévu au Parlement, dont la date n’a pas encore été fixée.
Le président avait remporté l’élection présidentielle en mai 2025, formant un gouvernement à l’orientation pro-occidentale. Mais la principale famille politique du pays, celle des sociaux-démocrates (PSD), a quitté la coalition à la suite de mesures impopulaires destinées à réduire le plus important déficit de l’UE.
Une procédure européenne en cours concernant le déficit
Avec 7,9 % de déficit au quatrième trimestre 2025, la Roumanie fait l’objet d’une procédure européenne depuis 2020 et court le risque de perdre des fonds structurels. Jeudi, Nicusor Dan a fait « du maintien de la stabilité financière » la deuxième mission de son nouveau premier ministre.
Le PSD s’était allié au principal parti d’extrême droite, l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), pour déposer sa motion de censure, qui a été largement votée par le Parlement. Mais le chef de l’Etat a refusé l’entrée de l’extrême droite au gouvernement, ainsi que l’organisation d’élections anticipées. Il tente depuis de trouver une autre solution. Le seuil de la majorité absolue (233 sièges) n’est aujourd’hui atteint par aucune coalition, dans un Parlement fragmenté.
Né en 1981 en URSS dans une famille roumaine de Bessarabie, Eugen Tomac a rejoint la Roumanie à la fin de son adolescence. Il est également citoyen moldave et partisan de l’union entre la Roumanie et la Moldavie. Au Parlement européen, il siège au sein du groupe Renew Europe.
Il est actuellement conseiller honoraire du président pour les relations avec la diaspora. Proche collaborateur de l’ancien président Traian Basescu, il préside le Parti du mouvement populaire (PMP), une formation de centre droit fondée par M. Basescu en 2014, qui n’est pas représentée au Parlement.